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L'arabe du futur 1

Titre : L'arabe du futur 1 - Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)

Auteur : Riad Sattouf

Première publication : 2014

Genre : album/bande-dessinée autobiographique

Maison d'édition : Allary Editions

Nombre de pages : 158

Langue originale : français

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Riad Sattouf, 2018

Résumé

     Ce tome 1 de la série L'arabe du futur raconte l'enfance de l'auteur Riad Sattouf. Ce dernier a 2 ans au début de la bande dessinée et 6 ans à la fin.

     On apprend ainsi que Riad est d'origine syrienne du côté de son père et bretonne du côté de sa mère. Durant les six premières années de sa vie, il vit tour à tour en Bretagne, en Libye, à Ter Maaleh et à Homs (ces deux derniers étant des petites villes en Syrie). Il semble s'adapter à chaque endroit sauf à Homs où ses oncles - qui ont le même âge que lui - le terrifient.

     Dès la naissance, Riad se distingue : d'abord parce qu'il avait de beaux cheveux épais blond platine alors qu'il vivait en Libye où la grande majorité de la population avait les cheveux sombres - puis il se fait reconnaître pour ses talents d'artiste dès la maternelle. En effet, il arrivait à parfaitement reproduire une figure rien qu'en se fiant à sa mémoire visuelle. Il est ainsi qualifié de surdoué par ses professeurs d'école. Mais dès le lendemain, il commence à observer avec curiosité le comportement de ses camarades de classe et à les imiter. Il trouve alors cela très agréable et dès lors, ne se fait plus appeler surdoué.

     Son père a des soucis de travail et est souvent confronté à des différences religieuses avec son entourage. Il commence d'ailleurs, vers la fin de l'album, à se faire influencer de plus en plus par l'Islam et pousse son fils à apprendre le Coran. 

      Mais ce dernier ne veut pas rester à Homs à cause de ses oncles et bondit de joie lorsque sa mère lui apprend qu'ils partent en France. Seulement, ce séjour est temporaire et ils se retrouvent tous à bord d'un avion pour retourner en Syrie...

Mes impressions personnelles

      Je ne lis pas souvent des bandes dessinées et je ne m'y connais pas beaucoup. Tandis que certains diront que cet album-là est excellent, un chef-d'oeuvre, je ne pourrais en dire autant. Il est intéressant mais moyennement divertissant et peu amusant. Selon moi, on aime faire quelque chose à partir du moment où on n'a pas à se forcer à le faire. Cela s'applique pour les oeuvres littéraires également : dès qu'on commence à se forcer à lire un livre, c'est qu'il n'est pas à notre goût. Pour ce premier tome de la série L'arabe du futur, j'ai dû - plusieurs fois - m'obliger à l'ouvrir et à le lire. Heureusement que c'est une bande dessinée - je ne pense pas que j'aurais réussi à finir cette histoire si elle avait été sous forme de roman.

      Je ne suis pas sans savoir que c'est une autobiographie et qu'elle n'est donc pas forcément censée avoir un héros, une aventure périlleuse ou un dragon et quelques fées. Je dirais plutôt que L'arabe du futur m'a donné l'impression de lire un article de journal, un texte informatif : intéressant par moments mais peu amusant à lire. On apprend quelque chose mais cela n'est pas suffisant pour nous divertir. 

      Cet album m'a toutefois fait penser à Persepolis de Marjane Satrapi. L'arabe du futur et Persepolis sont toutes deux des séries de 4 tomes de bandes dessinées autobiographiques qui se déroulent dans un environnement musulman.

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Extrait de Persepolis, "Le légume"

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Le Carnet du lecteur

Interview :

Riad Sattouf : "Dessiner L'arabe du futur, c'est un exploit physique"

Par Min-Jee Le Roux,

publié le 30/03/2020 à 17:00

Riad Sattouf est un auteur et réalisateur français. Il a gagné le grand prix RTL de la bande dessinée ainsi que le prix littéraire du Los Angeles Times du roman graphique pour le premier tome de sa fameuse série L'arabe du futur.

Riad Sattouf est un dessinateur disponible et affable doté d'un grand talent artistique. Toujours souriant et une lueur pétillante au fond de ses yeux, il revient au Carnet du lecteur pour parler de sa remarquable saga autobiographique L'arabe du futur. Plutôt épais pour un simple album, le premier volume, du haut de ses 158 pages connaît déjà un véritable succès non seulement à l'échelle nationale, mais dans le monde entier également. Alors un jeune bambin d'à peine 6 ans, Riad Sattouf y raconte comment il commence à se sentir de plus en plus tiraillé entre deux cultures : ici la culture arabe et française. 

Vous avez publié une série de bandes dessinées, L'arabe du futur qui a été tirée à 1 million et demie d'exemplaires à ce jour. D'où vous est venue l'idée de publier des albums autobiographiques ?

Je venais de passer une enfance et une adolescence en Syrie mais je n'avais encore jamais raconté l'ampleur de ce que j'avais vécue. Et j'ai été dans des pays où c'était la dictature et il y a même eu une guerre civile en Syrie vers la fin de mon adolescence. C'était ça le déclic en quelque sorte ; c'est la pensée de cet évènement qui m'a poussé à enfin commencer à rédiger quelque chose. Je me suis dit, si j'arrive à me sortir de ces galères, je raconterais toute cette histoire et ça me ferait potentiellement une fin. Et commencer cette série a été une sorte de point d'orgue dans mon histoire avec la Syrie. 

Vous commencez ainsi par raconter votre enfance passée surtout en Syrie et en Libye dans le tome 1 - pour ce premier livre et pour les suivants, comment avez-vous choisi le titre "L'arabe du futur" ?

"L'arabe du futur" était une expression qu'employait souvent mon père - qui était adepte d'un panarabisme progressif - et qui désigne un Arabe lettré et cultivé qui est moins soumis à l'obscurantisme religieux que par le passé. Mais les employés à l'imprimerie se demandaient si les gens allaient acheter un livre sur lequel était écrit en gros le mot "arabe".

Hormis cela, votre série se vend-elle dans les régions arabes ? Y a-t-il des complications liées aux droits de publication avec un titre semblable ?

Aujourd'hui ma série se vend dans plus de 22 langues différentes. On peut la lire en espagnol, en allemand, en italien, en anglais mais aussi en croate et en coréen. Mais les éditeurs dans le monde arabe sont beaucoup moins solides que dans le reste du monde. Certains vont acheter les droits du tome 1, mais pas forcément ceux du tome 2. Je préfère attendre d'avoir fini la série afin de pouvoir en parler avec un éditeur pour l'ensemble de la région, prendre des garanties, vérifier que tout est bien fait et suivre ça de façon pointue.

Vous comptez donc continuer cette série et vous avez même annoncé sur franceinfo que vous comptiez l'étendre jusqu'à 6 tomes. Par quelles étapes passez-vous lorsqu'il s'agit d'en publier un nouveau ?

La première étape se déroule à l'oral, dans un bar avec mon éditeur - et c'est d'ailleurs l'étape la plus importante de notre travail. C'est là que je lui expose toutes mes idées, avec des gestes et des mimes parfois pour décrire les personnages. Guillaume Allary (mon éditeur) est très doué pour comprendre tout ce que je dis et il arrive parfois qu'il intervienne durant mon espèce de "monologue théâtral" pour me demander plus de précisions sur quelques scènes. Ensuite, une fois l'histoire calée, je m'enferme pendant trois mois tout au plus, période durant laquelle je me consacre entièrement au story-board (qui est une séquence de dessins). Je commence toujours la phase de dessin au dernier moment et je me mets dans un état de tension ultime parce que ce n'est que dans cet état-là que j'arrive à dessiner mes pages. Dès lors, mes journées de travail s'allongent et durent parfois entre 15 et 18 heures ; dessiner L'arabe du futur, c'est un exploit physique même si ça ne se voit pas quand on regarde le livre. Quand j'écris mes scénarios, le texte et l'image arrivent en même temps. La bande dessinée est une langue, j'essaie de la lire le mieux possible, comme Hergé, une référence dans la fluidité de lecture.

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A gauche, le story-board réalisé au crayon à papier.

A droite, la planche originale, réalisée à l'encre de chine avant sa colorisation.

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       Ce passage est d'ailleurs celui que je trouve comme étant l'un des plus intéressants de la bande-dessinée. C'est surtout l'effet graphique qui donne cet aspect-là. Venant des souvenirs d'un petit garçon de moins de 6 ans, il est amusant de voir ce qui se passe dans la tête d'un enfant si jeune. Cela nous rappelle surtout l'étonnante imagination que possèdent les enfants et c'est pour cela que ce passage m'a plu. Sachant que tous ces souvenirs proviennent d'une personne qui est maintenant un homme - Riad Sattouf - cela rend ce passage d'autant plus comique. J'ai beaucoup apprécié de voir comment Riad s'imaginait en tant que bambin, si petit, si minuscule comparé à la hauteur des murs autour de lui et de la taille des taureaux. Je trouve le dessin de Riad très mignon - sa petite taille est davantage exagérée dans la dernière vignette où elle est comparée à la grandeur d'une main : le jeune Riad fait à peine la taille d'un pouce !

Le rôle des couleurs

    Un aspect que j'ai beaucoup aimé dans cette bande dessinée est le choix des couleurs dominantes des illustrations : selon Riad Sattouf, ils n'ont pas été choisis au hasard - au contraire.

     Les couleurs varient en fonction du lieu de l'action : bleu pour la France, rose pour la Syrie et le Liban, jaune pour la Libye, vert pour Guernesey et rouge pour la fonction/l'imaginaire. Selon l'auteur, ce code couleur s'est "imposé assez facilement [...] ce sont les couleurs de l'émotion".

     Voici quelques exemples qui mettent en avant les différentes couleurs :

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